Découvrez nos différentes marques, en cliquant sur les logos en bas de page.

Newsletter :


Nouveautés

L'ALGÉRIE POUR MÉMOIRE - Fernande STORA
L'ALGÉRIE POUR MÉMOIRE - Fernande STORA

Préface et photographies de Jean-Pierre STORA

DE SEPTEMBRE 1962 À MAI 1963


MÉMOIRES DE GUERRE, DE GAULLE ÉCRIVAIN, Yves REY-HERME
MÉMOIRES DE GUERRE, DE GAULLE ÉCRIVAIN, Yves REY-HERME

Nouvelle édition mise à jour.
Un demi-siècle de parole et d'écriture    
L'Appel du 18 juin 1940
Le verbe et l'Histoire               
Un remarquable portraitiste

Analyse critique permettant de mieux aborder les centres d'intérêt des Mémoires de guerre et notamment l'étude du tome III "Le Salut 1944-1946"

Les Mémoires de guerre mettent en lumière les qualités d'écrivain de De Gaulle, son style et sa pensée romanesque, et sa culture littéraire importante lorsqu'il met clairement en échos certains passages lyriques de son récit avec les grandes œuvres classiques françaises (Lamartine, Paul Valery, Chateaubriand...)

Yves REY-HERME (1924-2000) est né dans une famille de résistants. Il a pu dès sa jeunesse se familiariser avec les écrits de Charles de Gaulle et comprendre que l’écrivain De Gaulle fut toute sa vie plus un intellectuel qu’un militaire. S’est engagé aux côtés d’Emmanuel Mounier et d’Edmond Michelet avec lequel il resta toujours très lié.

Professeur agrégé de lettres classiques, il a enseigné à Embrun, Zagreb, Marseille et enfin à Paris aux Lycées Condorcet et Saint-Louis. Yves REY-HERME a consacré une partie de sa vie au développement de la francophonie notamment en tant que directeur à l’Alliance française puis à l’Union latine, période ou il fit par le monde de nombreuses tournées de conférences consacrées à la littérature contemporaine, celle qui lui était la plus demandée s’intitulait De Gaulle, l’écrivain, notamment par les Nations Unies pour le bicentenaire de la Révolution française. Yves REY-HERME, fin connaisseur de la littérature française et notamment des écrivains François Mauriac, Chateaubriand, Jean-Paul Sartre, Albert Camus, Emmanuel Mounier, Jacques Rivière, Alain-Fournier, présida l’Amitié Charles Péguy, pour laquelle il écrivit de nombreux articles et quelques livres.
Pour l’année 2010-2011, Parmi la liste des objets d’étude et des œuvres obligatoires inscrits au programme de littérature de la classe terminale de la série littéraire dans la catégorie Littérature et débats d’idées — Littérature et histoire, figure : « Mémoires de guerre », tome III, « Le Salut, 1944-1946 », Charles de Gaulle, aux côtés de "l'Odyssée", de "Fin de partie" de Beckett et de "Tous les matin du monde" de Pascal Quignard - dans d'autres catégories.

Référence : arrêté du 20-7-2001 fixant le programme de l'enseignement de littérature en classe terminale de la série littéraire (NORMENE0101658A) publié au JORF du 4-8-2001 et au BOEN hors-série n° 3 du 30-8-2001.

Photo de couverture de Cecil Beaton, portraitiste officiel de la famille royale anglaise, prise à Peets wood.

80 pages


GASTON COUTÉ, SES PLUS BEAUX TEXTES
GASTON COUTÉ, SES PLUS BEAUX TEXTES

Préface de Jean-Paul MONTEIL suivie d’un hommage de Xavier PRIVAS, bois de Jacob-HIANS, dessins de Germain DELATOUSCHE.

100e anniversaire de sa mort 1911 - 2011

Farouchement marginal, épris de liberté jusqu’à la violence, le mépris des imbéciles devait sans doute le remplir d’aise…
Par destination le poète est, à mon avis, l’homme des foules et non des salons.
« Le poète véritable a ce privilégie, même en ne parlant que de lui, de confesser les joies et les douleurs de la multitude. C’est la bonne tradition d’Homère à Villon, en passant par les trouvères et les troubadours du Moyen Age. Un poète qui n’est pas d’expression populaire ne représente pour moi rien du tout. Je le crois destiné à périr et si je le compare au bidet de la Putain dans le cabinet de toilette, j’estime que ce dernier objet est infiniment plus utile. » Ainsi parlait Jehan Rictus.
Pour le poète comme je le comprends, il faut donc un public. Ou peut-il l’atteindre ailleurs qu’au cabaret? Le café-concert, le théâtre, les journaux lui sont fermés ou presque. Le cabaret correspond donc à une nécessité qui a toujours existé parce que l’homme a besoin de poésie véritable. Plus peut-être encore que de pain. Mais il faut s’entendre sur cette réalité et cette tradition perdue. Il ne s’agit pas uniquement de célébrer les yeux et les tétons de sa maîtresse. La poésie peut être l’expression plus virile, plus contemporaine, plus directe. Bien d’autres sujets lui conviennent et Gaston COUTÉ l’a magnifiquement prouvé. Aussi le lui fit-on payer très cher. Le public l’en récompensa. (…)
Au soir du 25 juin, le poète beauceron sort du cabaret des Adrets, sur les grands boulevards, dans un état d’épuisement complet. Il s’accorde la dépense d’un fiacre qui le conduit au pied de la rue Lepic, refusant d’aller plus loin. C’est en rasant les murs que le pauvre Couté poursuit sa route, en titubant, jusqu’à la place du Tertre. Sa logeuse appelle un médecin qui prescrit une admission en toute hâte à l’hôpital Lariboisière. C’est là qu’il meurt, seul, comme un gueux, à peine âgé de 31 ans, le 28 juin 1911. Le Merle du Peuple avait cessé de chanter… Gaston Coutant, conservateur et secrétaire de l’association “Les Amis de Gaston Couté”

Itinéraire Gaston Couté

268 pages

isbn 9782353910069



Corsaire présent au Salon Livres et vins en Terre de Loire, les 14 et 15 novembre 2026

De nombreux auteurs présents (sous réserve) :

PIERRE ALLORANT

SOPHIE DESCHAMPS 

MICHELLE DEVINANT

BENOIT FALAIZE

RÉGIS GUYOTAT  Samedi 14 novembre

GEORGES JOUMAS   Dimanche 15 novembre

CATHERINE PÉLAGE

ANTOINE PROST  Samedi 14 novembre

JEAN-PIERRE SIMON

JEAN-PIERRE SUEUR

MARIE-CÉCILE SAINSON  Samedi 14 novembre


Salon Livre O Cœur 3 et 4 octobre 2026, Jardin des plantes Orléans

De nombreux auteurs présents (sous réserve) :

PIERRE ALLORANT

SOPHIE DESCHAMPS

MICHELLE DEVINANT

BENOIT FALAIZE

RÉGIS GUYOTAT

GEORGES JOUMAS

CATHERINE PÉLAGE

ANTOINE PROST

JEAN-PIERRE SIMON

JEAN-PIERRE SUEUR

MARIE-CÉCILE SAINSON

 


revue Le Mouvement social : Antoine Prost, 1989-2001. Comment nous avons changé Orléans.

Dans un article publié en 1999 et devenu un classique de l’historiographie du temps présent des villes1, Antoine Prost assignait à cette dernière la double tâche d’éclairer « l’imaginaire urbain de M. Tout-le-monde » et de retracer l’histoire économique, sociale et politique de « l’éclatement des villes ». Celui qui se présentait alors comme « historien engagé dans l’urbanisme2 », revient vingt-cinq ans plus tard sur les années où il a initié, accompagné et conduit le changement urbain à Orléans, aux côtés du maire socialiste Jean-Pierre Sueur. Dans 1989-2001. Comment nous avons changé Orléans, il n’est pas question d’imaginaire et encore moins de nostalgie ; il n’est pas non plus question de l’étalement urbain de la future Orléans Métropole (2017), même si les acteurs intercommunaux de l’aménagement sont régulièrement mentionnés.

Le livre se situe volontairement à hauteur des habitants d’Orléans, à qui il s’adresse prioritairement. Il part des « traces visibles de notre action » et s’attache à restituer l’histoire « d’opérations qui ont marqué et marquent encore le paysage orléanais », autour de trois raisons d’être de l’urbanisme contemporain : équiper la ville (médiathèque de la place Gambetta, Zénith) ; assumer la transition des mobilités (percée de l’avenue Jean-Zay, piétonnisation de la rue de la République, construction du tramway, réalisation du nouveau pont de l’Europe) ; renouveler l’habitat (nouveau quartier sur les friches horticoles de Saint-Marceau, rénovations urbaines comparées du quartier d’habitat social de l’Argonne et de la « ville nouvelle » de La Source, des vieux îlots du centre-ville). Une lecture « locale » de ce livre d’histoire urbaine est possible. Chaque chapitre correspond à une étude de cas autonome, spatialisée et très documentée. Une autre lecture est cependant possible, que le judicieux chapitre liminaire sur l’histoire politique d’Orléans sous la Ve république nous invite à réaliser.

Explicitement hybride, parce qu’il procède à la fois du récit d’historien et du témoignage d’un adjoint à l’urbanisme engagé, l’ouvrage relève à la fois du retour d’expérience, d’une mise en perspective éclairée et appuyée sur la consultation des archives municipales et de la presse locale (La République du Centre) mais aussi d’un bilan assumé. À rebours des analyses dominantes dans le champ des études urbaines, qui conditionnent le changement urbain contemporain aux seuls enjeux financiers, Antoine Prost met en avant la marge de manœuvre du politique et la capacité des élus locaux à « changer la ville », à défaut de « changer la vie3 ». Les choix de la municipalité centriste de Roger Secrétain (1959-1971), du radical René Thinat (1971-1978) et plus encore des municipalités UDF de Jacques Douffiagues (1980-1988) et Jean-Louis Bernard (1988-1989) diffèrent de ceux portés par l’équipe rocardienne, dirigée par l’universitaire orléanais Jean-Pierre Sueur (1989-2001). Il y a certes des continuités, des inerties propres au changement urbain qui rappellent le « temps long des villes ». Ainsi, à Orléans, de l’ouverture de la « voie G » ou de la construction d’un nouveau pont sur la Loire, tous deux prévus dans le schéma directeur d’agglomération de 1974. Ainsi encore des injonctions séculaires à la résorption de l’habitat insalubre dans le centre. Ainsi, enfin, de l’obligation du renouvellement des grands ensembles dans le cadre de la Politique de la ville, à l’Argonne ou à La Source. Dès les premiers chapitres cependant, Antoine Prost détaille les lignes d’opposition entre les conceptions de l’aménagement urbain de la majorité et de l’opposition municipale, dessinant les contours d’un socialisme municipal de la fin du XXe siècle, jusqu’ici très peu étudié par la recherche urbaine.

Le politique est d’abord affaire de convictions, forgées dès le milieu des années 1960 à l’ombre du PSU, des GAM (groupe d’action municipale) et autres comités de quartier, inspirés de la municipalité Dubedout à Grenoble. L’investissement de jeunes universitaires dans cette nébuleuse réformatrice contribue à formaliser un savoir habitant (groupe d’études municipales de l’agglomération d’Orléans) et à le publier (La Tribune d’Orléans, lancée en 1969 et un temps dirigée par Antoine Prost). La politisation de l’urbanisme s’avère d’autant plus centrale dans le débat municipal que l’époque correspond à la fois à l’édification de nouveaux quartiers et à une rénovation urbaine brutale qui génère des « comités de défense », ici comme ailleurs. Ce militantisme savant et populaire à la fois aurait pu être compatible avec l’action du centriste Roger Secrétain, maire d’Orléans de 1959 à 19714. Mai 1968 et les élections de 1971 contribuent à rejeter les réformistes dans l’opposition, que le Parti socialiste va structurer lentement. Les principes d’action discutés entre 1965 et 1989 déterminent les premières décisions de la municipalité Sueur et ce n’est pas un hasard si Antoine Prost commence son évocation des grands chantiers par la médiathèque. On ne sera pas non plus surpris de trouver ici la défense et l’illustration de la politique de développement social des quartiers (DSQ) dans les opérations de renouvellement de l’Argonne et de La Source.

Le politique est aussi affaire de ténacité, de compréhension par un adjoint à l’urbanisme de la complexité des circuits de décision et du mille-feuille administratif (par exemple sur la voirie). Parce qu’il prend soin de nous détailler les embûches rencontrées qui pèsent sur la réalisation des chantiers, l’auteur nous montre concrètement les affres d’un socialisme municipal que la critique universitaire balaie parfois du terme méprisant de « gestionnaire ». Les lois Defferre des années 1982-1986 ont certes ouvert de nouvelles possibilités pour les maires bâtisseurs, mais le cadre administratif s’est parallèlement complexifié, les services de l’État demeurant très présents dans l’édiction des procédures et le contrôle de légalité. Le chemin de croix des permis de construire envahit chaque dossier. Il reste un domaine relativement épargné de ces pesanteurs, celui du choix de l’architecte par les élus locaux. De Bernard Huet (piétonnisation de la rue de la République) à Santiago Calatrava (pont de l’Europe) en passant par Aymeric Zublena (avenue Jean-Zay), Antoine Prost éclaire la réalité d’un marché national de la commande architecturale, qui tranche avec les pratiques locales de la IIIe et de la IVe République. Cette histoire de la création architecturale, contemporaine des grands travaux parisiens mais bien moins étudiée, est ici remise dans un contexte politique et urbain que ne mobilisent guère les biographies d’architectes.

Le politique est enfin confrontation au « mouvement social », véritable défi d’écriture pour un historien comme Antoine Prost. Les riverains des grands chantiers, les commerçants du centre-ville sont d’abord des opposants aux travaux et plus largement au changement urbain5. Relayées par La République du Centre et par la minorité municipale, ces oppositions contestent les déclarations d’utilité publique, retardant d’autant les chantiers. Comment les décrire quand on est l’historien de ses pratiques d’aménagement ? Le ton neutre choisi par Antoine Prost, qui jamais ne qualifie de Nimby (Not in my back yard) les opposants, ne l’empêche pas de rappeler qu’après l’épreuve des travaux (et notamment de l’épopée du tramway), l’adhésion locale est au rendez-vous ; amertume de la perte de la mairie en 2001, imputée au ras-le-bol des chantiers autant que constat lucide du jeu démocratique. L’importance de l’histoire sociale est aussi rappelée à propos de l’analyse comparée des rénovations urbaines des quartiers d’habitat social de l’Argonne et de La Source. La densité du tissu associatif (Association des habitants de La Source) constitue moins ici un obstacle qu’un levier pour l’administration municipale.

Au final, ce livre très dense et érudit ouvre des pistes pour une histoire urbaine de la fin du XXe siècle, qui reste encore largement à écrire. Le temps des grands ensembles, quand bien même il constitue une rupture majeure de l’histoire des villes au XXe siècle, ne circonscrit pas le changement urbain. Les décennies post-décentralisation ont aussi été pour les métropoles françaises un moment de transformation des formes urbaines, des circulations et plus largement des modes de vie des populations. Parce qu’il éclaire ces changements, en rappelant qu’ils ont été portés politiquement par des hommes et des femmes, le livre d’Antoine Prost mérite d’être diffusé bien au-delà d’Orléans.

Loïc Vadelorge


  1. Antoine Prost, « Une histoire urgente : le temps présent des villes », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, n° 64, 1999, p. 121-126. ↩︎
  2. Sans cependant clairement écrire qu’il était depuis dix ans adjoint à l’urbanisme de la municipalité Jean-Pierre Sueur à Orléans. ↩︎
  3. Titre du programme socialiste de 1972. ↩︎
  4. Pierre Allorant et William Chancerelle, Roger Secrétain. Actes du colloque du 16 juin 2023, Orléans, Éditions Le Mail, 2025. Voir notamment les communications d’Antoine Prost, Jean-Pierre Sueur, Philippe Nivet et Loïc Vadelorge. ↩︎
  5. Cédric Feriel, La ville piétonne. Une autre histoire urbaine du XXe siècle ?, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2022. ↩︎


1989-2001 COMMENT NOUS AVONS CHANGÉ ORLÉANS — Antoine PROST 1989-2001 COMMENT NOUS AVONS CHANGÉ ORLÉANS — Antoine PROST
15.00 €




The conversation : Sur les pas des sœurs Mirabal

https://theconversation.com/sur-les-pas-des-soeurs-mirabal-278340

Lire la suite...


Presse Agence La lettre économique et politique de PACA

détail couverture Mirabal

 

 

ORLÉANS : Histoire – Un livre retrace le destin des sœurs Mirabal, icônes de la résistance

Corsaire Éditions publie le premier livre en France sur les sœurs Mirabal, martyres dominicaines devenues un symbole universel de la lutte pour la liberté.

 

Longtemps méconnue du public français, l’histoire tragique et inspirante des sœurs Mirabal trouve enfin sa place dans les librairies avec la parution de « Caraïbes », préfacé par Julian Alvarez. Publié par la maison orléanaise Corsaire Éditions, cet ouvrage lève le voile sur le parcours de trois femmes exceptionnelles qui ont osé défier l’une des dictatures les plus brutales d’Amérique Latine, au péril de leur vie. Un récit essentiel qui éclaire un pan sombre de l’histoire du 20ème siècle et la genèse d’une journée mondiale de commémoration.

Un pays sous le joug de la tyrannie

Le contexte historique est celui de la République Dominicaine des années 1930. En février de cette année-là, le général Rafael Leónidas Trujillo s’empare du pouvoir par la force et installe un régime de terreur qui durera plus de trois décennies. La dictature de « El Jefe » est marquée par une corruption endémique, un culte de la personnalité omniprésent et une répression féroce contre toute forme d’opposition. Les arrestations arbitraires, la torture dans les geôles du Service de Renseignement Militaire (SIM) et les exécutions sommaires deviennent le quotidien du peuple dominicain. C’est dans ce climat de peur et de silence que des voix courageuses commencent à s’élever.

« Les Papillons », figures de la résistance

Parmi ces résistants, trois sœurs issues d’une famille aisée de la province de Salcedo vont marquer l’histoire : Patria, María Teresa et Minerva Mirabal. Engagées, instruites et déterminées à restaurer la démocratie dans leur pays, elles participent activement à des activités clandestines contre le régime. Leur nom de code, « Las Mariposas » (Les Papillons), devient un symbole d’espoir et de défiance face à l’oppresseur. Leur engagement leur vaut, ainsi qu’à leurs maris, d’être la cible constante du dictateur. Le 25 novembre 1960, le drame se produit. Alors qu’elles reviennent de Puerto Plata après avoir rendu visite à leurs époux, emprisonnés pour leurs activités politiques, elles tombent dans une embuscade tendue par la police secrète. Les trois sœurs et leur chauffeur, Rufino de la Cruz, sont sauvagement assassinés, leurs corps étant ensuite placés dans leur véhicule pour maquiller le crime en accident de la route.

Une postérité internationale et symbolique

Loin d’étouffer la résistance, cet acte de barbarie choque profondément la société dominicaine et la communauté internationale, contribuant à la chute du régime moins d’un an plus tard, avec l’assassinat de Trujillo en mai 1961. Le sacrifice des sœurs Mirabal ne sera pas oublié. En 1999, l’Assemblée générale des Nations Unies, en leur mémoire, a officiellement proclamé le 25 novembre « Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes ». Le nom des « Papillons » est ainsi devenu un emblème universel de la lutte contre l’oppression et les violences faites aux femmes.

Une expertise universitaire et pédagogique

Ce livre est le fruit du travail de deux spécialistes. Il est co-écrit par Catherine Pélage, Professeure des Universités en littératures et cultures d’Amérique Latine à l’Université d’Orléans, où elle dirige la Chaire d’études culturelles dominicaines Sœurs Mirabal, et Sandrine Lucas, professeure d’espagnol qui a consacré ses recherches universitaires à la République Dominicaine. Leur ouvrage offre, pour la première fois en France, une biographie documentée de ces héroïnes, retraçant leur trajectoire, leur combat et l’héritage immense qu’elles ont laissé. Le livre « Caraïbes » est publié par Corsaire Éditions, dont les informations sont disponibles sur le site corsaire-editions.com.


LES SŒURS MIRABAL — Catherine PELAGE, Sandrine LUCAS LES SŒURS MIRABAL — Catherine PELAGE, Sandrine LUCAS
22.00 €




PÉLAGE Catherine
Voir la biographie

La République du Centre : Pourquoi l'histoire des sœurs Mirabal, reconnue par l'ONU, retrouve la lumière à Orléans grâce à une professeure de l'université

Mirabal Art LaRep mars 2026
 

LES SŒURS MIRABAL — Catherine PELAGE, Sandrine LUCAS LES SŒURS MIRABAL — Catherine PELAGE, Sandrine LUCAS
22.00 €




PÉLAGE Catherine
Voir la biographie

Michelle DEVINANT est présente le dimanche 15 mars à 16h à la librairie Chapitre 2 à Saint-Jean-de-Braye

Lecture par Anne Tuyet-Paroux d'extraits de Là-bas mon amour, l'archipel oublié de Michelle DEVINANT
Ce sera dimanche 15 mars à 16h à la librairie Chapitre 2 à Saint-Jean-de-Braye, 36 rue de la Planche de Pierre.

Sur réservation : administration@chapitre2.org
Participation libre.


LA-BAS MON AMOUR, L’ARCHIPEL OUBLIÉ — Michelle DEVINANT-ROMERO LA-BAS MON AMOUR, L’ARCHIPEL OUBLIÉ — Michelle DEVINANT-ROMERO
16.00 €




DEVINANT-ROMERO Michelle
Voir la biographie

https://sfhu.hypotheses.org Sociéte française d'histoire urbaine : “1989-2001. Comment nous avons changé Orléans”

Antoine Prost, 1989-2001. Comment nous avons changé Orléans, “Regain de lecture”, Corsaire Éditions, Orléans, 2025, Postface de Jean-Pierre Sueur, 138 p.

Ce livre aurait dû s’intituler Comment la gauche (non communiste) a changé Orléans, puisqu’il narre, par le menu, comment les deux mandats de l’équipe municipale conduite par le socialiste Jean-Pierre Sueur, qui emporte la ville en 1989, ont transformé en profondeur une ville bourgeoise endormie, flanquée de deux quartiers difficiles, l’Argonne et La Source, dont les municipalités précédentes se préoccupaient peu. L’auteur de ce livre a été l’adjoint chargé de l’urbanisme pendant ces deux mandats, responsable de « ce qui a changé dans le paysage orléanais » (p. 4). Mais il est aussi un de nos plus grands historiens vivants1, qui écrit comme tel un ouvrage « hybride » (p. 3), celui d’un acteur, à la fois témoin et historien. La mémoire de son action d’alors s’appuie sur des témoignages et surtout sur le dépouillement des archives municipales et de la presse locale. Une introduction présente le contexte politique de la victoire de 1989, et souligne l’importance des GAM (Groupes d’action municipale), issus de la deuxième gauche à la fin des années 1960, dans la réflexion sur les questions urbaines que les partis négligeaient. À Orléans comme à Grenoble, ces groupements suscitent des comités de quartier qui animent la vie locale, et certains de leurs militants trouveront leur place sur la liste municipale de Jean-Pierre Sueur.

Toujours pédagogue, Antoine Prost rappelle que la modernisation d’une ville ne dépend pas que de la municipalité, mais aussi de l’État, du département, de l’agglomération, enfin du travail « obscur mais constant » de l’administration. Un glossaire des mots de l’urbanisme nous est même fourni page 15.

Doté de ce petit manuel à l’usage des adjoints à l’urbanisme, le lecteur commence un parcours minutieux à travers certaines des réalisations conduites par Antoine Prost, racontées sous forme d’un « album aux chapitres indépendants les uns des autres » (p. 14). Ces dix chapitres expliquent donc, de façon extrêmement détaillée, comment de la ville-centre à ses périphéries, Orléans s’est trouvée profondément transformée. Le lecteur est invité à parcourir à sa guise les pages de ce catalogue urbain, qu’il est impossible de résumer ici. Notons l’attention portée à la ville historique sous la conduite de l’architecte Bernard Huet, le ravalement des façades, le chantier permanent du quartier Dessaux et la volonté de densifier en créant de nouveaux quartiers centraux. Et surtout la saga du tramway, long de vingt-deux kilomètres, œuvre non de la ville mais de l’agglomération, que l’opposition de droite fait tout pour empêcher, ou au moins retarder. Le pont sur la Loire confié à Santiago Calatrava ajoute une touche de prestige à l’ensemble. Deux chapitres passionnants traitent des débuts, et déjà des impasses, de la politique de la ville dans deux quartiers de logement social, L’Argonne en procédure DSQ (Développement social des quartiers) et La Source, excroissance née dans les années 1960, qui bénéficie de l’expertise de Banlieue 89 puis est incluse dans un Grand Projet de Ville. L’auteur note que la réussite de l’insertion urbaine des deux quartiers dans l’agglomération n’empêche ni la délinquance, ni la violence des jeunes, ni l’insécurité ; le début des années 1990 voit l’arrivée de la drogue. Aprés de graves violences, l’ancien adjoint à l’urbanisme rappelle l’impuissance des élus face à certaines décisions de magistrats : « Laisser un assassin présumé en attente de son procès se promener en liberté dans le quartier où le crime a été commis discrédite la justice aux yeux de la population quel que soit le verdict. » La loi est inutile si des défaillances minimes dans son exécution la trahissent (p. 66).

À la lecture de ce puzzle se fait jour une conception nouvelle de la ville, que l’auteur aurait pu expliciter plus clairement2, soit celle qui émerge dans les années 1980 et vise à réparer, à recoudre la ville éclatée des Trente Glorieuses. Retour à la densification de la ville ancienne, piétonnisation des artères urbaines, refus des routes traversant les villes (à Orléans la RN 20), volonté de relier les grands ensembles à la ville par des avenues et grâce au tramway, souci de la culture pour tous, appui sur la société civile via les comités de quartier, ces éléments forment une conception alors neuve de l’urbanisme. Historien, Antoine Prost sait que l’évolution des villes dépend du temps long autant que de la décision politique, et qu’il faut beaucoup de patience et d’obstination face aux multiples oppositions que rencontre la moindre initiative de changement. D’autant que, comme il l’a écrit ailleurs, les habitants n’aiment pas la ville que leur font les urbanistes, les architectes et les élus qui les suivent3. Ceux-ci souhaitent une ville dense, monumentale et active, les habitants, eux, veulent d’abord l’espace privé du pavillon et de son jardin, peu importe que l’agglomération devienne un immense lotissement. La ville contemporaine résulte donc d’un compromis quotidien entre les deux conceptions, comme le montre ce livre à propos d’Orléans4. Quand les termes du compromis cessent de convenir aux citoyens, les élus perdent les élections. En mars 2001, les Orléanais cessent de suivre le rythme des transformations et la municipalité dirigée par Jean-Pierre Sueur n’est pas renouvelée pour un troisième mandat, dans un climat de fort recul de la gauche dans les villes moyennes et alors que le thème de l’insécurité émerge. L’auteur ne traite pas cette question, et d’ailleurs le livre ne comporte pas de conclusion. Souhaitant se situer au-dessus de la mêlée, il explique simplement ce qu’il a fait il y a vingt-cinq ans.

1. Marie Guichoux, « L’histoire faite homme », Le Nouvel Obs, 3 octobre 2013.

2. Jean-Pierre Sueur le fait en partie dans la postface de l’ouvrage, p. 119-125.

3. Antoine Prost. « Une histoire urgente : le temps présent des villes », Vingtième Siècle, revue d’histoire, n° 64, « Villes en crise ? », octobre-décembre 1999., p. 121-126,

4. Pour un développement plus complet de l’auteur sur la gestion de la ville contemporaine et sur le programme d’études qui en découle pour ses futurs historiens, je renvoie à : Antoine Prost, « Comment vont les villes : élus, services et citoyens », dans Danièle Voldman et alii (sous la direction de), Genres urbains. Autour d’Annie Fourcaut, Créaphis éditions, 2019, p. 279-287.

Compte-rendu réalisé par Annie Fourcaut


1989-2001 COMMENT NOUS AVONS CHANGÉ ORLÉANS — Antoine PROST 1989-2001 COMMENT NOUS AVONS CHANGÉ ORLÉANS — Antoine PROST
15.00 €




La Rép du Centre : Un ouvrage sur l'évolution d'Orléans signé Antoine Prost, historien et ancien adjoint de Jean-Pierre Sueur

En guise d’avertissement, il est précisé que cet ouvrage n’est pas un témoignage, mais un travail de professionnel qui repose sur les très riches archives de la ville et de la presse locale (notamment de La République du Centre). Il donne ainsi à voir la réalité et les contraintes de l’action municipale, à laquelle il a contribué, quelle qu’en soit l’orientation politique.
Dans son avant-propos, il écrit :  "S’il est un sujet qui a changé Orléans, c’est bien le tramway", écrit Antoine Prost.

 

Antoine Prost déc 2025

"Voici un livre hybride : un témoignage écrit par un historien. J’ai eu la chance de faire partie de l’équipe qui, conduite par Jean-Pierre Sueur, eut la responsabilité d’Orléans, de 1989 à 2001. Le nous du titre souligne cette dimension collective."

Après toutes ces précautions d’usage, et afin d’étayer son propos, il a fait plusieurs chapitres consacrés aux changements opérés à Orléans durant cette période : la médiathèque, l’avenue Jean-Zay, la rue de la République piétonne, les jardins de Saint-Marceau, la rénovation de l’Argonne ; au fait de donner un cœur à La Source, au centre-ville (halles Châtelet, l’îlot Dessaux, la Charpenterie), au zénith (au péril des inondations), au tramway (inauguré le 20 novembre 2000 par Lionel Jospin alors Premier ministre), au pont de l’Europe. Ainsi, Antoine Prost remet en perspective les motivations qui ont lancé ces grands projets structurants et leur mise en œuvre.

"Sans sectarisme, sans forfanterie"

Le mot de la fin revient à Jean-Pierre Sueur dans une postface au titre évocateur Les villes sont des êtres humains. D’emblée, il indique : "On aurait pu craindre que ce livre tourne au dithyrambe ou à l’autosatisfaction. Mais c’eut été méconnaître la rigueur et l’objectivité dont cet historien (Antoine Prost) a toujours fait preuve et qui sont sa marque de fabrique… On y verra sans doute une défense et illustration de notre action - c’était naturel - mais sans excès, sans sectarisme et sans forfanterie."

Fort de tous ces avertissements, les lecteurs auront donc les cartes en main pour se faire leur opinion sur cette vision. Et, en tout cas, remonter le fil contemporain des évolutions orléanaises. Des évolutions qui ont continué après 2001. Par Alexis Marie


1989-2001 COMMENT NOUS AVONS CHANGÉ ORLÉANS — Antoine PROST 1989-2001 COMMENT NOUS AVONS CHANGÉ ORLÉANS — Antoine PROST
15.00 €




Rencontre avec Antoine Prost, le samedi 29 novembre 2025 à 17 h aux Temps modernes pour son livre Comment nous avons changé Orléans !

Rencontre avec Antoine Prost, le samedi 29 novembre 2025 à 17 h aux Temps modernes pour son livre Comment nous avons changé Orléans !


1989-2001 COMMENT NOUS AVONS CHANGÉ ORLÉANS — Antoine PROST 1989-2001 COMMENT NOUS AVONS CHANGÉ ORLÉANS — Antoine PROST
15.00 €




- page 1 de 42