Chaque année, le 25 novembre, les médias ne cessent de le rappeler, c’est la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Mais qui en connaît vraiment la signification et l’origine ?
On le saura à la lecture de l’excellent ouvrage que vient de publier Catherine Pélage aux éditions Regain de Lecture : Les Sœurs Mirabal, l’éternel envol des papillons.
L'origine historique
Cette journée a été décidée en 1999 par l’ONU, en l’honneur de trois sœurs assassinées le 25 novembre 1960 sur ordre de Rafael Leonidas Trujillo.
Dès 1930, Trujillo, « El Jefe », instaure une dictature sanglante en République Dominicaine. Arrestations, tortures, arbitraire, corruption, exécutions, élimination de quiconque s'oppose à sa toute-puissance : tel est son régime. Lui-même sera éliminé en 1961. Le Péruvien Mario Vargas Llosa, académicien et Prix Nobel de littérature, met en scène les derniers jours du dictateur dans La Fête au Bouc (La Fiesta del Chivo). Dans ce roman historique majeur, il explore la tyrannie, la complicité des élites, la violence politique et les traumatismes occasionnés par les régimes totalitaires.
Le sacrifice des "Papillons"
C’est précisément de cette violence politique que vont succomber Patria, Maria Teresa et Minerva Mirabal, massacrées sur ordre de Trujillo alors qu’elles venaient de rendre visite à leurs maris, prisonniers politiques.
Catherine Pélage, professeure des Universités en littérature et culture d’Amérique Latine à l’université d’Orléans et directrice de la Chaire d’études culturelles dominicaines "Sœurs Mirabal", signe ici, avec la collaboration de Sandrine Lucas, un ouvrage aussi utile que profond. Le parcours de ces femmes puissantes dans la résistance à l’oppression méritait bien cette reconnaissance. Leur nom dans la clandestinité, « Las Mariposas » (les papillons), est devenu le symbole de la lutte pour la liberté.
Conclusion
Désormais, avec cet ouvrage particulièrement bien documenté, de Catherine Pélage - dont l'écrivaine américaine d'origine dominicaine Julia Alvarez a signé la préface - le 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, aura gagné en visibilité. Ajoutons que les citations incluses dans le texte sont toutes reprises en notes de bas de page et en annexes, en espagnol, conférant encore davantage de force et de crédibilité à la présentation, réjouissant les hispanisants ainsi que ceux dont les restes scolaires le permettent.
Un grand ouvrage. On ne peut qu'en recommander la lecture. On en sort assurément grandi et prévenu de ce que sont ou peuvent conduire les totalitarismes.






